Par-delà le Seuil

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 Noires Ailes, Noires Nouvelles

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Jon Snow

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Messages : 1
Date d'inscription : 14/09/2018
Age : 20
Localisation : Au Mur

MessageSujet: Noires Ailes, Noires Nouvelles    Lun 17 Sep - 20:52

La brise glacée sifflait et faisait trembler les vieilles pierres de Châteaunoir, se faufilant entre les rainures, mordant les chairs et les os, figeant les feux de cheminée dans leur antre ronflant, faisant vaciller la lumière de la salle de réception déserte. C'était dans ce silence, troublé par intermittence par les intempéries de la tempête de neige, que Jon Snow était attablé face à quelques parchemins, muni d'une plume et d'un encrier.
Le bâtard de la maison Stark avait vécu une enfance calme et sans turbulences, le profil bas, profitant de chaque instant que cette vie avait à lui offrir, parmi les rires de ses frères et sœurs. Même les promenades en forêt et les entraînements à l'épée avaient une saveur d'insuffisance, et il rêvait d'un destin plus grand, d'une place à trouver dans cette vaste machination. A présent, il faisait face à un ennemi bien réel, et dont la menace dépassait ses craintes les plus obscures et palpables. Un ennemi implacable qui emportait tout sur son passage et menaçait de recouvrir tout Westeros, puis le Monde entier jusqu'aux contrées inconnues, d'un voile de glace et de Mort.
Quant à ses frères et sœurs, jamais plus il n'aurait l'occasion d'entendre leurs éclats raisonner à nouveau. Il ferma les yeux, fort, s'interdisant de penser à cela et de laisser le froid atteindre également son cœur et d'anéantir ses espoirs. Il n'avait pas le droit d'être vulnérable. Il avait une mission cruciale, celle de sauver ceux qui demeuraient encore vivants, et ce même si la petite voix de sa conscience ne cessait de lui souffler qu'il était passé à côté des plus belles années de leur famille. Autant de moments, les yeux tournés vers l'horizon, où il aurait pu simplement les poser sur ce qu'il avait déjà.

Ses prunelles sombres considérèrent un long moment la surface du parchemin sous ses doigts, tournant et retournant des formulations dans sa tête. Comment trouver les mots justes, maintenant qu'il devait prendre la parole ? Et comment trouver la force en lui de fermer les yeux sur les actes abominables de ceux qu'il s'apprêtait à contacter ? Ses doigts tremblèrent, agitant la plume.


-A l'adresse du traître, de l'infâme, de l'assassin Bolton-


Il inspira profondément. Dans ses souvenirs, l'un des rires était mesuré, dissimulé derrière un poing, mutin, avant que le visage ne renoue avec le sérieux. Il appartenait à Robb. Son frère aîné, le digne héritier de Père. Il savait manier l'arc et l'épée, commander une armée, courtiser les jolies Dames... tué de la pire des manières, lors d'un mariage dont la traîtrise avait été orchestrée par Tywin Lannister, exécuté de la main de Roose Bolton. Le banneret de son père.

Il ratura la phrase, chiffonna le parchemin et le jeta dans les flammes, le regardant se consumer d'un regard humide. N'était-ce pas de la traîtrise en soi, de contacter ce genre d'homme, le bourreau de son sang ? Une bourrasque plus intense que les autres fit gémir les fondations de la bâtisse.
...Il devait le faire. Pour Sansa. Arya. Bran. Rickon... et pour leurs enfants, et petits enfants, et tous ces innocents qui hériteront de cette terre après eux.

Essuyant rageusement sa joue d'un revers de main, il empoigna fermement la plume et la trempa dans l'encre avant de rédiger la missive, d'une traite, espérant ainsi se débarrasser au plus vite de cette sinistre tâche à accomplir. Père l'aurait fait, au nom du Devoir.


« A Roose Bolton, titré Gouverneur du Nord par les Lannister pour « service rendu ».

Je ne vous écris pas cette missive pour chercher querelle, même si je ne cache pas mon ressentiment quant à la nature de vos actes à l'égard de ma famille. L'heure est grave.

A l'instant où vous lisez ces lignes, les ennemis provenant d'au-delà du Mur marchent vers Châteaunoir, vers Fort-Terreur où vous résidez, vers Winterfell où se situe votre fils. Ces créatures que ni le froid, ni la fatigue, ni la faim ne peuvent affaiblir ne s'arrêteront pas là et ravageront le Nord, puis le Val d'Arryn, le Conflans, l'Ouest et le Sud tout entier.
Je parle d'une armée de non-vivants, que seuls le Feu et le Verredragon peut détruire. A chaque perte que nous subissons, nos disparus grossissent leur rang. Je sais que cela peut paraître improbable, et même complètement fou, mais si vous consultiez les archives et si vous lisiez entre les lignes, vous réaliserez que cela est la triste réalité.

Ils avancent un peu plus chaque jour et le Mur ne les retiendra pas. La garde de Nuit ne dispose que d'une centaine d'hommes, et la plupart n'ont encore jamais tenu une épée. Le peuple libre, qui nous a rejoint, est cruellement diminué suite à une attaque de ces créatures.

Nous avons besoin de troupes pour renforcer nos rangs, de main-d'oeuvre pour construire des pièges capables de les ralentir, et au nom du Royaume du Nord dont nous sommes les occupants, au nom de Westeros tout entier, je vous demande d'unir nos forces afin de faire face à la plus dévastatrice de toutes les batailles, celle de la Vie contre la Mort.

L'hiver vient.

Jon Snow,
Lord Commandant de la Garde de Nuit. »


A la suite de sa douloureuse rédaction, Jon attacha la missive à la patte d'un corbeau. Lorsque les premières éclaircies percèrent les nuages et dissipèrent la tempête de neige, l'oiseau prit son envol dans un froissement de plumes noires en direction de à Fort-Terreur. Le même manège lui fut imposé pour les Frey des deux Jumeaux, et à nouveau il du faire preuve d'un incroyable self-contrôle pour ne pas déverser sa haine.

*********

L'une de ses missives partait pour son destinataire. Mais il lui restait tant de représentants à contacter, et le second sur sa liste allait être tout aussi douloureux à aborder sans laisser courir rageusement la pointe acérée de sa plume, comme autant de coups trop longtemps retenus.
La progéniture de Roose Bolton... Ramsay.
Il se passa une main sur le visage, visualisant le souvenir du roux des cheveux de Sansa alors qu'elle se tournait vers eux, un air indigné sur le visage, après une ultime taquinerie d'Arya. De toute la fratrie, c'était celle, avec les deux plus jeunes, qui lui avait causé bien des soucis. Elle était tellement naïve, bercée d'or et de soie, à rêver du parfum des roses et des récits de chevalier servant. Fragile et vulnérable, elle avait échappé aux griffes des Lions pour finir dans la gueule du canidé des Bolton, à l'image de ces bêtes dont les rumeurs rapportaient les exploits de chasse à l'homme.
Aux dernières nouvelles, selon Davos, sa sœur avait été mariée à Ramsay Bolton. Et la réputation du jeune Lord n'était plus à faire. Chaque minute qui passait était comme un compte à rebours où elle menaçait de rompre et de se briser définitivement. Elle n'était pas Arya... elle ne saurait faire face à un tel individu. Même s'il doutait fortement qu'Arya supporterait d'être mariée de force. La connaissant, elle se serait enfuie à la première occasion - et c'est d'ailleurs ce qu'elle avait fait. Il priait pour que sa plus jeune sœur ait trouvé un endroit sûr, et qu'elle allait bien. Elle était une battante... courageuse, débrouillarde. Il aimait se dire qu'elle allait bien.

Jon avait longuement ruminé un moyen quelconque de pouvoir l'atteindre, de la sauver de leurs propres murs, de ce qui était autrefois leur foyer et qui avait été ravagé par les traîtres à leur famille. Sa gorge se noua à l'étouffer. Il n'était pas Robb, il n'avait pas su rassembler suffisamment d'hommes jusqu'à présent, et une attaque infructueuse coûterait la vie de cette dernière. Il ne pouvait qu'espérer qu'elle puisse tenir bon, le temps qu'il trouve une solution, se détestant d'être à ce point impuissant. Aussi, la perspective d'écrire à son ravisseur en lui demandant de l'aide le rigidifiait d'une tension innommable. Mais peut-être était-ce là l'occasion de lui parler de la condition de la jeune rousse ?
La deuxième raison pour laquelle sa main tremblait, c'était l'idée qu'il allait faire parvenir le corbeau jusqu'au château qui les avait vu grandir. Ces lieux refermaient leurs plus beaux souvenirs... étaient-ils voilés, à présent, le long des murs désormais porteurs du parfum du sang ?
Comme pour sa précédente rédaction, après avoir profondément inspiré, Jon s'empressa de rédiger le tout d'une traite. S'il s'arrêtait ne serait-ce qu'un seul instant, il sortirait en trombe et se hisserait au sommet du Mur pour y étouffer le hurlement qui lui bordait les lèves.


« A Ramsay Bolton, héritier de Roose Bolton, Gouverneur du Nord.

Je vais tâcher de mettre de côté nos différends pour la seule raison que Westeros tout entier court un danger mortel. La Garde de Nuit ne compte qu'une centaine d'hommes et un millier de sauvageons. Ce n'est pas assez pour faire face à l'arrivée d'une gigantesque armée, les marcheurs blancs. Leur attaque est imminente, et ils se dirigent vers le Mur à l'heure où tu liras cette lettre.

Je les ai vu de mes yeux lever une armée avec les cadavres fraîchement assassinés de leurs victimes. Ils ne peuvent être détruits qu'avec le feu, le Verredragon, et les lames valyriennes. Le Mur ne saura pas les arrêter et si nous ne parvenons pas à les repousser, ils ravageront le Monde entier et ne laisseront derrière plus que mort et désolation.

Au nom de cette terre qui nous a vu naître, nous avons besoin de forces militaires, de vivres, de matériaux et de forgerons. Le Nord doit s'allier pour faire face à cette imminente destruction, ou ce sera la fin de tout.
J'ai également une dernière chose à te demander : comment va Sansa ?

Jon Snow,
Lord Commandant de la Garde de Nuit. »


L'instant d'après, le corbeau prit son envol pour Winterfell. Les Karstark, les Ombles et les Manderly furent les suivants; les Mormont, Forrester, Whitehill, Glover et Ironrath reçurent également une missive, couvrant ainsi chacun des Seigneurs du Nord. C'était, après tout, le Royaume le plus vulnérable et le plus urgent à réunifier.

***************

Le troisième destinataire était, à Jon, plus familier. Son père avait soutenu sa légitimité pour le trône de Fer, donnant sa vie au nom de ses convictions : Stannis Baratheon, le frère de Robert Baratheon, qui avait fait son apparition à un moment où lui-même se trouvait en mauvaise posture, au Nord du Mur, isolé et désarmé. Les négociations avec Mance Rider avaient mal tourné et il pensait être exécuté. C'était sans compter sur l'arrivée miraculeuse d'un allié inattendu. Sa bannière d'or et de pourpre était agitée par le vent du Nord tandis que ses cavaliers perçaient la défense des sauvageons, se frayant un passage jusqu'au guide du Peuple Libre.
Son point de vue sur le prétendant au trône avait été influencée par son père, en premier lieu. Un homme droit, plein d'honneur, d'un grand sérieux et doté d'une expérience militaire hors norme, tant terrestre que navale. Cette démonstration de force n'avait fait que confirmer cette hypothèse. Toutefois, il devait bien avouer que son avis était devenu mitigé lorsqu'il condamna, accompagné d'une prêtresse rouge, Mance à une mort au bûcher. Lui-même avait du descendre dans l'estime du Lord Baratheon lorsqu'il l'avait achevé d'une flèche, lui épargnant ainsi la souffrance abominable de sentir sa chair être consumée à même les os.
Avant que leur chemin ne se sépare, Stannis lui avait proposé de se battre à ses côtés pour reprendre Winterfell, avec la puissance de son armée... avec un nom, celui des Stark. Il lui offrait de le légitimer, s'il prenait part aux armes. Et c'était bien tout ce que Jon avait voulu : faire partie des Stark, reprendre leur maison et rétablir l'ordre que son père voulait instaurer.... oui, mais.... il aurait fallut renoncer à ses vœux de la Garde de Nuit.

« Tu n'auras point de propriété et tu n'engendreras point d'enfant »
« Tu renonceras à tes titres... »

Secouant négativement de la tête pour chasser le sentiment de regret mordant, et les doutes perpétuels sur ses choix de vie -son père n'aurait pas voulu qu'il déserte...-
-.. même au nom de la sécurité de ses frères et sœurs, et de leur postérité ? S'il avait accepté il aurait pu sortir Sansa de là-
-Il n'était pas un Stark s'il ne pouvait pas garder une promesse, et il devait veiller sur le Mur pour Eux- … Jon chassa le mal de tête et s'empressa d'écrire à Stannis afin de le mettre en garde.


« Mon Roi, Stannis Baratheon, souverain légitime du Trône de Fer,

Je vous fais parvenir cette lettre en toute urgence, en vue de la situation dramatique qui sévit ici au Mur. Cette menace qui planait est désormais bien réelle ; j'ai vu de mes yeux une armée de morts se lever des cadavres de ceux qui venaient de tomber au combat. Ces non-mourants se dirigent vers le Mur, innombrables, et je peux d'ores et déjà affirmer qu'ils passeront le Mur.
Vous connaissez notre situation. Vous avez vu ce qu'il restait de la Garde de Nuit.
Je suis conscient que vous êtes occupé dans votre reconquête du Trône, mais si nous n'agissons pas immédiatement, il n'y aura bientôt plus rien sur quoi gouverner...

Nous avons besoin d'hommes, de toute urgence, pour renforcer les lignes de défense du Mur. Nous devons allier les Royaumes car la véritable lutte se déroule maintenant.
J'ai également une autre nouvelle provenant de Westeros: votre domaine, Peyredragon, a été investi par l'héritière Targaryen durant votre absence au front.
En espérant que cette lettre vous trouvera à temps et que je recevrai également votre réponse,

Jon Snow
Lord Commandant de la Garde de Nuit. »


********

La lettre suivante était non moins délicate à rédiger. Non pas à cause d'un ressentiment qui l'étouffait et agitait sa main de tremblements incontrôlables, mais parce qu'il ne connaissait que de vague réputation sa destinataire : Daenerys Targaryen, celle contre qui Jon avait jugé utile de mettre en garde le prétendant au trône. Après tout, Stannis avait été avenant à son égard et le bouclé ne savait que trop bien ce que l'on ressentait lorsqu'on découvrait son chez soi envahi par des étrangers, ou même des ennemis par traîtrise. Il espérait lui épargner ce même sort.
Toutefois, pour cette raison, leur correspondance prenait un mauvais départ, d'autant plus qu'il savait qu'elle aspirait tout autant au trône de Fer. Parvenir à obtenir son soutien sans l'offenser allait être une tâche ardue, et le Commandant de la Garde de Nuit n'avait pas de temps à perdre avec ces conflits de pouvoir. Il devait lui transmettre aussi le sentiment d'urgence.
Après avoir pris une énième fois sa tête entre ses mains pour se focaliser pleinement sur sa rédaction, chassant le tumulte de ses pensées et le souffle glacé des craintes, il entama ses écrits.


« A Daenerys Targaryen du Typhon, Mère des dragons »

Pour la première fois, il du marquer une pause. Il était persuadé que cette femme avait un nombre incalculable de titres mais il n'en avait aucun souvenirs. Cependant, si elle s'offensait par l'absence de quelques uns, c'était la preuve qu'elle n'allait certainement pas perdre son temps à leur venir en aide, mettant plutôt en avant la vanité. Il reprit.

« Je me permets de vous contacter car les événements tragiques m'y contraignent. Vous avez fait un long voyage d'Essos jusqu'ici, et vous ignorez probablement les dernières nouvelles de Westeros, mais sachez que cette terre est porteuse d'une malédiction qui nous tuera tous si nous ne faisons rien. Il existe au-delà du Mur de glace une armée en marche vers ces contrées, une armée composée de marcheurs blancs. Ils sont déjà morts, et les deux seul points faibles connus à ce jour sont le feu et le Verredragon. La lame valyrienne aussi permet de les arrêter, mais il en existe bien peu dans le Monde et la recette de cet acier a été perdue depuis longtemps.
Nous ne sommes plus qu'une centaine d'hommes au Mur, face à cette menace grandissante, ainsi qu'un millier de sauvageons dont la plupart sont des femmes et des enfants. Nous avons cruellement besoin d'hommes pour agrandir nos rangs. Toute aide nous ferait gagner de précieux jours, de précieuses heures. S'ils franchissent cet obstacle, tout Westeros sera perdu et la Vie disparaîtra au profit de la Mort.

Je sais que cela peut paraître invraisemblable et que vous avez besoin de toutes vos forces armées, que vous sortez d'un long voyage également, mais je ne vous demanderais pas de rejoindre une vaste alliance contre la menace des marcheurs blancs si j'avais d'autres choix. J'ai fais la même demande auprès de toutes les Maison de Westeros, et je m'adresse également aux Tyrell, aux Greyjoy et aux Martell qui demeurent à vos côtés.

Je vous remercie de l'attention que vous avez porté à cette lettre, et j'attends votre réponse avec espoir.

Jon Snow,
Lord Commandant de la Garde de Nuit.»


**************

Il était tard lorsque Jon entama la dernière lettre de sa longue série de correspondance. Après avoir envoyé des corbeaux aux quatre coins du continent, il ne restait plus qu'une destination à couvrir... et non la moindre. Après la disparition de Tywin, et les tragiques pertes des héritiers Lannister, il ne restait plus que Cersei, alors à la tête des sept royaumes.
Il n'avait vu cette femme qu'une seule fois, le jour où Robert était venu avec toute sa famille jusqu'à Winterfell. Lorsqu'il avait croisé le regard de l'élégante dame blonde, il n'y avait lu que le mépris.
Cersei allait être particulièrement difficile à convaincre. D'une part, parce que la tension entre les maisons était à son paroxysme : ils étaient au verge de la guerre ouverte pour le pouvoir. Demander des forces militaires en pareilles circonstances relevait du risible.
D'autre part, son Siège de pouvoir était géographiquement éloigné de la menace. Enfin, elle n'avait sûrement pas oublié ce repas familial où lui avait du siéger en retrait, en raison de sa condition de bâtard. Elle ne voudrait probablement pas l'écouter.

Il se souvenait également parfaitement de la silhouette menue de Bran, son jeune frère, courant sur les toits de leur maison avec la souplesse d'un chat. Et des soupçons mordants de sa mère concernant l'implication des Lannister sur la tragique chute qui lui coûta la capacité de marcher... plus jamais il ne pourrait grimper de nouveau, plus jamais il ne planterait de lamentables et maladroites flèches au pied de la cible. Et à présent, il était lui aussi porté disparu au beau milieu de la nature, vulnérable, ne pouvant ni courir ni fuir... lui et Rickon, le plus petit de la fratrie. Comme il était douloureux de se dire que ces petits bouts de lui étaient semés aux quatre vents, et que s'il n'était pas parti de Winterfell, il les aurait encore sous son aile.
Clignant des yeux, le brun s'essuya les mains sur ses genoux et chassa l'appréhension doublé du grondement rageur pour se focaliser sur la lettre la plus importante de toute, celle qui ferait définitivement pencher la balance vers leur cause, et vers la victoire de l'Homme sur l'Hiver.


« A la Reine des sept royaume Cersei Lannister,

Voici présentement une missive des plus importantes, porteuse de sombres nouvelles du Mur.
Notre effectif actuel est d'une centaine d'hommes, d'un millier de sauvageons, de quelques armes de rechange et d'une infrastructure cruellement endommagée par les récents affrontements avec le peuple libre.
A l'issue de notre Garde, nous avons découverts l'existence et l'approche imminente d'un grand danger menaçant Westeros tout entier ; une armée, dont le seul objectif n'est pas de gagner des terres ou du pouvoir, mais de vaincre la vie elle-même. Une armée de marcheurs blancs, tous issus des cadavres de nos pertes : amis, ennemis, ou même simples indépendants, une fois morts ils ne deviennent plus que des esclaves au service d'une créature se faisant appeler le Roi de la nuit.

Ces créatures, de part leur statut macabre, ne souffrent ni du froid, ni de la fatigue, ni même de la faim. Elles continuent d'avancer, infatiguables, et se rapprochent toujours un peu plus du Mur, seul et unique obstacle qui se dresse entre eux et le Monde. J'ai déjà vu les sauvageons le gravir par escalade, et ils n'étaient que des hommes.
Ces mourants parviendront à le franchir, et une fois la barrière naturelle écartée, ce sera la fin. Rien ne les arrêtera. Ils ravageront le Nord, puis le Val d'Arryn, le Conflans, l'Ouest et le Sud tout entier. Ils s'étendront à Essos, aux îles isolées, jusqu'aux Terres inconnues.

Pour les avoir affronté, nous savons que leurs rares points faibles sont le feu, le verredragon et l'acier valyrien. Hélàs, nous ne disposons d'aucune de ces ressources : face aux conditions climatiques rudes, le feu a bien du mal à se répandre. L'obsidienne est un métal rare, et l'acier valyrien n'existe qu'en quelques exemplaires à travers le monde.

Nous avons désespérément besoin de renforts militaires, de vivres, de ressources, de ce matériaux afin de repousser et de détruire cette menace. Je vous demande une Union des sept royaumes, tournés vers un seul et même objectif : anéantir le Roi de la nuit, et sauver ces terres et tous les êtres vivants qui la peuplent.
La situation est grave. Chaque instant passé les rapproche un peu plus de nous, et si nous ne faisons rien, il ne restera plus qu'un tas de cendres sur lequel régner.

Dans l'espoir que ce message ait fait écho en vous et que vous répondrez à notre appel,

Jon Snow
Lord Commandant de la Garde de Nuit. »
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